Le blog du réseau des bibliothèques de la ville d'Arras
18 Juin 2013
John Bartle, une trentaine d'années, a été soldat en Irak, engagé volontaire. Après vingt mois de guerre dans la province d'Al Tafar, il est de retour chez lui en Virginie. Mais, désœuvré désorienté, il subit le contre-coup de ce qu'il a vécu et ne parvient pas à se réadapter.
Il ne peut oublier l'odeur de sang, de chair brûlée, de corps en décomposition, la mort qui peut surgir à tout moment. Il pense aussi à ceux qu'il ne reverra plus, de très jeunes hommes comme lui, qui sont revenus au pays dans un cercueil plombé. Il n'oublie pas son ami Murphy, à la mère duquel il avait promis de veiller et de le ramener vivant. Promesse impossible à tenir, évidemment. C'est déjà un miracle de sauver sa propre peau. Murphy est mort mais pas au combat, dans des circonstances mystérieuses que l'armée et la mère du soldat veulent éclaircir.
Bartle va devoir s'expliquer et dire toute l'horreur qu'il voulait garder pour lui. Car comment raconter la guerre et les atrocités qu'elle vous oblige à faire quand tout le monde vous prend pour un héros ?
Les chapitres du roman alternent entre les scènes de guerre et le retour au pays, ou plutôt de l'impossible retour car il est des expériences dont on ne revient jamais réellement. Comme avec certaines bombes, les dégâts sont intérieurs mais irréversibles.
Les combats, les embuscades, la tension constante, sont décrits avec introspection et sens du détail, et paradoxalement, dans une sorte de vision poétique voire hallucinatoire, très surprenante mais belle et touchante, une sorte de beauté triste qui marque le lecteur.
L'auteur a lui-même combattu en Irak il y a quelques années et ce premier roman, fort et réussi, fut finaliste du National Book Award aux Etats-Unis.
Vous le trouverez dans le rayon nouveautés-romans à la cote R POW.
SYLVIE.